Chère lectrice, cher lecteur,
L’augmentation du nombre de cancers, devenu la première cause de décès chez les hommes et la seconde chez les femmes, devrait nous alerter collectivement.
Nous ne sommes pas tous égaux face aux risques sanitaires. Notre lieu de vie constitue un facteur déterminant.
Habiter à proximité d’une usine sidérurgique d’ArcelorMittal, comme les habitants d’Indre (Loire-Atlantique), c’est être exposé durablement à des polluants industriels dans l’air dont certains sont reconnus comme facteurs de risque de cancers respiratoires.
Vivre à proximité d’un grand axe routier ou dans des centres urbains comme Rennes expose davantage aux particules fines issues de la circulation et du chauffage, dont l’exposition chronique est associée à un risque accru de cancer du poumon.
Grandir dans un bassin versant fortement marqué par l’agriculture intensive, comme celui de la Vilaine (35) ou de l’Arguenon (22), c’est boire une eau qui a été traitée ou mélangée pour diluer la présence de pesticides, de nitrates ou de PFAS.
Protéger notre bien commun
En Bretagne, 75 % de l’eau potable provient d’eaux de surface, particulièrement sensibles aux pollutions. Or, 100 % des stations d’eau potable présentent au moins des traces de pesticides. Seules 3 % sont considérées comme étant en bon état vis-à-vis des pesticides, indique l’Observatoire de l’environnement en Bretagne.
Face à cet enjeu de santé publique, que font les collectivités pour protéger leurs administrés et continuer à leur fournir une eau de qualité ?
La révision du schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) du bassin de la Vilaine montre que la protection de ce bien commun se heurte à de puissants intérêts privés. L’usage des pesticides reste une ligne rouge pour les tenants du productivisme agricole.
Après plus de quatre ans de concertation et malgré le vote favorable de la commission locale de l’eau, l’interdiction des herbicides liés à la culture de maïs dans les zones de captage d’eau potable les plus sensibles a été bloquée par le gouvernement, sous la pression de la FNSEA. Cette mesure ne concernerait pourtant que 1,4 % du bassin versant.
Notre engagement journalistique
En tant que journalistes, nous considérons que les questions liées à la santé et à l’environnement revêtent une importance majeure. Face à l’accumulation des données scientifiques, notre responsabilité est de produire une information rigoureuse et sans concession.
À l’approche d’échéances capitales telles que l’élection présidentielle, nous entendons constituer une équipe d’enquête dédiée aux pesticides en Bretagne.
Cette promesse ambitieuse demande des ressources. Nous voulons embaucher des journalistes et nous entourer d’écotoxicologues, de chimistes de l’environnement ou encore de data-scientists.
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