Vers la fin de la pêche au chalut en Bretagne ?

28 avril 2026
Catherine Le Gall
Imprimer cette enquête Imprimer cette enquête temps de lecture 17 mn de lecture
Avec la flambée du prix du gazole, les chalutiers doivent affronter une nouvelle période de crise. Après avoir été dans l’œil du cyclone à cause de ses impacts écologiques, la pêche au chalut est aujourd’hui remise en question pour son manque de rentabilité économique. Est-elle en train de disparaître ? Voyage au quartier maritime du Guilvinec, où la pêche au chalut est historique.

En ce mois de janvier 2026, la tempête balaye le port du Guilvinec et la majorité des bateaux sont restés à quai. Leurs coques tanguent au gré des rafales, cabines vides et chaluts enroulés à l’arrière. Aujourd’hui encore, même s’ils sont de moins en moins nombreux, les chalutiers constituent une véritable attraction. L’été, locaux et touristes se pressent sur le quai pour les voir revenir au port, en fin d’après-midi. Ils arrivent les uns après les autres, comme pour un défilé, avec une horde de mouettes qui les poursuivent. La pêche en général, et au chalut en particulier, fait partie de l’histoire du pays bigouden : de nombreuses familles comptent des marins, des ouvriers qui travaillent chez des mareyeurs ou bien dans un chantier naval. Le quartier maritime du Guilvinec, qui représente 17,5 % de la production française, est le troisième port de pêche au niveau national. En 2024, il comptait 89 chalutiers tandis que Concarneau en comptait 12, Morlaix 7 et Brest seulement 3. Ce type de pêche, qui ramène du merlu, de la langoustine ou de la lotte, est une véritable colonne vertébrale locale : selon le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins, elle représente jusqu’à 60% des volumes débarqués à la criée du Guilvinec et 80% de la valeur vendue.

La filière produit de la mer a perdu 10% de ses emplois en cinq ans.

Aujourd’hui, l’engin est dans l’œil du cyclone: après avoir longtemps été décrié pour des raisons environnementales, il est également remis en cause pour des raisons économiques. Quand on parle de la crise de la pêche, cela peut paraître un peu lointain, on se demande quel impact cela peut avoir sur un territoire. Ici, c’est très concret : la pêche représente un secteur économique essentiel mais c’est aussi une culture, un patrimoine et un peu l’âme d’un pays. Sur le quai, la pluie a commencé à tomber : et si tout ça disparaissait ?


Les chiffres sont sans appel. Selon l’Observatoire de l’économie maritime en Bretagne, dont le troisième rapport est paru en décembre 2025, la filière « produits de la mer alimentaires » (qui comprend la pêche, le mareyage et la commercialisation) a perdu 10% de ses emplois entre 2019 et 2024 soit 1.828 postes. Le pays de Cornouaille (dont font partie les ports du pays bigouden comme Le Guilvinec, Saint Guénolé ou Lesconil) est le plus touché avec 1.394 emplois perdus. 2023 a été une année fatidique : avec le plan de sortie de flotte post-Brexit, qui a réduit l’effort de pêche français suite à la fermeture de certaines zones anglaises, 45 bateaux sont partis à la casse en Bretagne dont 26 chalutiers pour le seul port du Guilvinec. Conséquence directe, les tonnages de la criée du Guilvinec ont chuté de 20% entre 2022 et 2023. C’est indéniable, le modèle atteint ses limites.

Surpêche, prises accessoires…le chalut sur la sellette

L’utilisation du chalut de fond en pays bigouden date d’un peu plus d’un siècle : « Le chalut à panneaux s’est développé à la fin du XIXe siècle en Grande-Bretagne et il a été utilisé ici dès 1934 pour aller draguer « la grande vasière », un immense plateau de vase, de sable et de roches », qui va du sud du Guilvinec à l’île d’Oléron et où se pêche la langoustine. « Au départ, il fallait 8 marins pour enrouler le chalut à la main puis, avec la mécanisation, les bateaux sont devenus plus puissants, plus longs et les enrouleurs mécaniques », raconte Joseph Coïc, historien de la pêche bigoudène. Dans les années 1960, le volume de capture augmentant, la criée du Guilvinec a été construite et le nombre de chalutiers hauturiers est passé à presque soixante.

L’engin a, depuis des années, une image très négative au niveau sociétal. Son utilisation a vite entraîné des problèmes de surpêche : avec la motorisation, la capacité de capture globale des flottilles n’a cessé de grossir en Europe et elle a menacé le renouvellement de la ressource. Dès les années 1980, des mesures ont été prises au niveau européen et déclinées en France, parmi lesquelles la fixation de quotas pour protéger les stocks. Mais elles n’ont pas réglé toutes les questions et ses impacts écologiques continuent d’être documentés tant sur les fonds marins que sur son manque de sélectivité.


 « La pêche de fond a des effets directs sur ces espèces benthiques et leurs habitats. Le passage d’un engin est susceptible de les arracher. »

— Extrait d’une étude l’Ifremer de 2023

Une étude récente, publiée par l’Ifremer en 2023 précise : « La pêche de fond a des effets directs sur ces espèces benthiques et leurs habitats. Le passage d’un engin est susceptible de les arracher — pour celles qui sont fixées sur le fond —, les briser, les écraser, les enfouir ou les remonter à la surface dans les filets. Le déplacement des sédiments modifie également leur habitat voire même la morphologie des fonds …/… Les particules de sédiment remises en suspension peuvent, quant à elles, gêner la respiration et l’alimentation de certaines espèces. »

Il est également responsable d’un taux de prise accessoire élevé, malgré les améliorations revendiquées, comme la taille des mailles augmentée pour laisser passer les juvéniles. Un ancien pêcheur au chalut de fond le reconnaît : « La pratique non ciblée de l’engin est responsable d’une partie de la surpêche. Les captures accessoires ont un impact sur l’environnement et les éco-systèmes, c’est certain. » Pour toutes ces raisons, l’Union européenne a décrété l’interdiction du chalutage en eau profonde, au-delà de 800 mètres, après une campagne de l’ONG Bloom en 2016.

Trop gourmand en gazole, le chalut n’est plus rentable

Pourtant, malgré ses impacts sur l’environnement, le chalut était largement utilisé parce qu’il était rentable. Une rentabilité, dénonce l’ONG Bloom, largement soutenue par les subventions publiques dont bénéficie le secteur via les détaxes sur le carburant. En 2022, tout a changé : son modèle économique a commencé lui aussi à être questionné. Le chalut est gourmand en énergie : selon les chiffres du programme européen Amarrée, un chalutier faisant entre 20 et 24 mètres, consomme environ 413.946 litres de gazole par an tandis qu’un fileyeur de même taille ne consomme que 101.751 litres par an soit 4 fois moins et un caseyeur de moins de 16 mètres seulement 38.603 litres par an, c’est-à-dire 10 fois moins. Avec la guerre en Ukraine, le prix des matières premières s’est envolé malgré les détaxes publiques : le prix du gazole est passé de moins de 0,35 centimes du litre en 2020 à 0,84 centimes du litre en 2022. Parallèlement, les matériaux de réparation et d’entretien des bateaux ont augmenté de 30%, ce qui rend leur maintenance très onéreuse quand on sait qu’un chalutier neuf, comme le Marie-Lou, qui mesure plus de 20 mètres à Lorient, peut valoir plus de trois millions d’euros.

Par cette journée d’hiver orageuse, Christophe Collin, directeur de l’Armement Bigouden, dont le bureau est sur le port du Guilvinec, surveille l’évolution de ses navires sur une grande télé collée au mur : certains de ses neufs chalutiers hauturiers, dont on voit le trajet sur la carte à l’écran, sont en mer Celtique et dans le nord du Golfe de Gascogne. À l’année, ces bateaux qui mesurent entre 23 et 25 mètres, pêchent majoritairement de la lotte, de la raie et de la cardine, des espèces benthiques vivant sur les fonds marins.

Son moral est comme la couleur du ciel : gris tempête. Le port du Guilvinec a perdu la moitié de sa flottille : « Notre métier est très particulier. À la différence des autres métiers, à part l’agriculture, nous ne pouvons pas répercuter la hausse des prix sur celui du poisson. On ne le vend pas, on nous l’achète. » C’est la particularité du prix du poisson : il est fixé chaque jour, selon le mécanisme des enchères montantes ou descendantes, en fonction du volume débarqué au niveau local mais aussi au niveau national. Résultat : les professionnels ne savent pas combien va être vendu leur poisson quand ils le débarquent, et ils ne peuvent pas adapter leur marge au prix de vente. Dans ces conditions, la rentabilité économique reste incertaine.

« La fin de la pêche au chalut est un tabou »

Sous les éclairs qui balayent à présent le quai du Guilvinec, il faut se rendre à l’évidence : le pays bigouden va prendre la crise du chalut de plein fouet. Il faudrait la penser, trouver des solutions ou une alternative pour préserver l’économie locale et faire vivre le pays à l’année. Ou du moins, éviter qu’elle repose uniquement sur le tourisme, dont l’activité est saisonnière. Cette crise peut être vue comme une opportunité pour repenser l’ensemble de la pêche, que ce soit au niveau écologique, économique ou social.

Un connaisseur du secteur reconnaît que la profession n’a pas investi le sujet : « La fin de la pêche au chalut est un tabou. La crise est subie, elle n’est pas pensée. » Du côté du Comité national des pêches, la réponse est abrupte : « Arrêter le chalut serait une aberration. On a limité son empreinte écologique et, surtout, c’est un moyen de production qui permet de garantir à l’ensemble de la population du poisson à un prix accessible. »

Dans les ports, loin des institutions officielles, c’est la logique d’adaptation économique qui prévaut. Le but : diminuer la consommation de gazole grâce à des techniques qui, pour l’instant, n’en sont qu’à leurs débuts. Jean-Baptiste Goulard, au Guilvinec, a construit le premier chalutier à propulsion diesel électrique, le Blue wave, en 2022 : « Le projet a duré cinq ans entre la conception et la construction. Il a fallu trouver un compromis entre la taille du navire, la réduction du train de pêche et le volume du chalut pour faire 20% d’économie d’énergie. Au départ, les pouvoirs publics disaient qu’ils allaient me soutenir mais, finalement, j’ai porté les risques financiers tout seul. Aujourd’hui, je ne regrette pas mais je ne recommencerai pas, la conjoncture économique est trop incertaine. »

De son côté, Julien Lebrun, à la tête d’un armement de dix chalutiers de 14,5 à 16 mètres dans le quartier maritime du Guilvinec, a étudié la piste de l’hydrogène mais il a vite abandonné : « Le volume d’hydrogène nécessaire pour produire l’équivalent de l’énergie produite par le gazole est énorme, aucun bateau n’est équipé pour cela en Bretagne. Et modifier un bateau pour le faire fonctionner à l’énergie électrique n’est pas rentable. »

Du côté de la recherche, l’Ifremer explore la possibilité d’innover sur l’engin lui-même à travers deux projets. Le premier s’emploie à améliorer sa sélectivité : « L’idée est d’installer une IA à l’entrée du chalut pour reconnaître les espèces. L’information est traitée directement, et, en temps réel, les poissons peuvent être relâchés. Nous travaillons à ce dispositif dans le cadre d’un consortium européen et avec une entreprise bretonne – Marport – dans l’espoir de l’industrialiser pour permettre un transfert aux professionnels », explique Pierre Le Bourdonnec, technicien en technologie pour une pêche durable.  Le second est baptisé  Pas Cap : « Nous avons adapté un système qui permet de décoller les panneaux afin d’en minimiser l’impact sur les fonds et pour réaliser des économies de carburant. Cette méthode est aujourd’hui opérationnelle mais il n’y a pas de cadre réglementaire comme en Espagne pour inciter son adoption », regrette Benoît Vincent, spécialisé en hydrodynamique et mécanique des engins de pêche.

Pour une « déchalutisation »

Est-ce que ces solutions sont viables ? Dans le camp des partisans du « déchalutage », ces pistes encore expérimentales ne convainquent guère. Pour l’ONG Bloom, qui prône une disparition progressive du chalut, la seule solution est le déploiement de la pêche artisanale : « À la fois génératrice d’emplois pour de faibles volumes de captures et une bonne valorisation, la petite pêche artisanale est la garante d’une transition vers une pêche durable, face au rouleau compresseur que représente la pêche industrielle. »

Une analyse partagée par Didier Gascuel, professeur en écologie marine, directeur du Pôle halieutique, mer et littoral de l’Institut Agro, auteur de l’ouvrage La pêchécologie, publié en 2023. « J’ai été l’un des premiers à employer le terme de « déchalutisation ». À l’époque, cela paraissait compliqué, aujourd’hui c’est une évidence, le chalut est condamné. Nous sommes à un tournant de l’histoire : non seulement, l’état de la ressource est dégradé et les stocks ne supportent plus un effort de pêche aussi destructeur; mais la hausse du prix du pétrole est tendancielle et les chalutiers ne vont pas y résister. Si on ajoute à cela, qu’il faut un litre de gazole pour pêcher un kilo de poisson, qu’il est responsable de 40% de capture de juvéniles et que l’ensemble du secteur ne tient que grâce aux subventions publiques, il est temps de siffler la fin de la récré. »


« Profitons du renouvellement de la flottille pour remplacer les chalutiers par des fileyeurs ou des ligneurs dans les 15 ans à venir. »

— Didier Gascuel, professeur en écologie marine, directeur du Pôle halieutique, mer et littoral de l’Institut Agro

Le chercheur propose un modèle alternatif : « Cela fait longtemps que la plupart des espèces sont pêchées grâce aux arts dormants. Par exemple, on peut pêcher la langoustine royale au casier. J’ai proposé cette solution à différents ministres : il faudrait laisser reposer une zone-test pendant deux ans puis poser des casiers comme cela se fait en Irlande. Quant à la baudroie ou à la sole, on peut les pêcher à la ligne ou au filet. Bien sûr, il ne s’agit pas de concentrer tout l’effort de pêche sur la borne côtière, les bateaux plus grands peuvent aller au large. » Selon lui, cette révolution est réalisable à moyen terme, sous réserve de redistribution des quotas en faveur de la pêche artisanale : « La moyenne d’âge de la flottille est de 32 ans, il va bien falloir la renouveler. Profitons-en pour remplacer les chalutiers par des fileyeurs ou des ligneurs dans les 15 ans à venir », précise-t-il.

Charles Braine, créateur de Pleine Mer, qui défend le modèle de la pêche artisanale, milite également pour une transformation du secteur : « Nous devons réfléchir à transformer les pratiques en termes de capture mais aussi de vente. Il faudrait se ré-approprier les criées comme un outil de vente co-gérée par les professionnels pour valoriser le prix du poisson mais aussi comme un lieu de stockage de glace par exemple. Enfin, on peut passer par des sites comme Poiscaille, qui promet un produit de qualité aux acheteurs tout en assurant un bon revenu aux pêcheurs. »

Le choix d'un modèle socio-économique

Et au niveau des emplois, quels seraient les impacts d’un tel changement ? Il est compliqué de se faire une idée précise. Les partisans d’une diminution progressive du chalut, estiment que la pêche artisanale (composée de navires de moins de 12 mètres et utilisant des arts dormants) est bien plus vertueuse en terme d’emplois directs. Comme le décrit l’étude Transipêche publiée en 2025 : « Les arts dormants représentent plus d’un emploi sur deux, avec notamment plus de 3.200 emplois pour les côtiers (35% de l’emploi total) dont 1.700 en France métropolitaine ; il s’agit majoritairement de fileyeurs et caseyeurs sur la côte Atlantique, et essentiellement de ligneurs dans les territoires ultramarins. » De leur côté, les défenseurs de la pêche au chalut mettent l’accent sur la survie de la filière et de l’ensemble du territoire grâce aux emplois indirects. Ils évoquent les chantiers navals, les fonderies ou les mareyeurs mais aussi les employés des supermarchés, ceux des pharmacies en passant par les enseignants.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’existe pas de chiffres précis à l’échelle locale pour déterminer le nombre d’emplois directs et indirects générés par chaque type de pêche. Au niveau global, une étude, menée par l’université de Nantes, aboutit à la conclusion que sur la façade Aquitaine, Poitou-Charentes, Pays de la Loire, un emploi en mer produit environ deux emplois à terre, entre le nombre d’emplois à plein temps en mer et les emplois induits dans l’ensemble des secteurs d’activités locaux. Des résultats qui mettent en évidence l’importance du secteur de la pêche pour maintenir une activité à l’année sur le littoral mais qui sont insuffisants pour éclairer des choix politiques sur l’impact des différentes pratiques.

Dans ces conditions, quelle décision politique prendre en faveur du territoire ? Les élus locaux persistent et signent en faveur d’un modèle dominé par les chalutiers, tout en promettant de décarboner la filière : « Il faudrait construire des bateaux qui fonctionnent aux énergies décarbonées. Le problème, c’est que la politique commune des pêches interdit le financement de nouveaux bateaux avec des subventions publiques. Nous sommes actuellement en négociation à Bruxelles pour revisiter la politique commune des pêches et nous sommes soutenus par la ministre. Le but est de construire des bateaux plus larges qui permettent d’assurer un bon confort pour les équipages avec une motorisation nouvelle. L’effort de pêche resterait le même », assure Daniel Cueff, vice-président de la Région Bretagne, chargé de la mer et du littoral.

Précisons que ni la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, ni la DGAMPA n’ont répondu à nos questions dans le cadre de cette enquête.

À l’issue de cette réflexion, les interrogations demeurent. Finalement, choisir un modèle de pêche, c’est faire un choix de société. C’est choisir un modèle de production de protéines venant de la mer qui aura des impacts sur la protection des océans, sur l’aménagement du territoire, sur la vie locale, sur les relations sociales et sur l’emploi. Les solutions technologiques proposent une option à court terme mais elles sont chères à produire et à acheter par les pêcheurs. De plus, elles empêchent le modèle de se questionner en profondeur. Les solutions alternatives, comme celles de la pêche hauturière à la palangre, sont séduisantes. Toutefois, elles mettront du temps à se mettre en place et on peut questionner leur capacité à nourrir une majorité de consommateurs à un prix accessible. Enfin reconduire le modèle existant en espérant le décarboner grâce à des technologies qui n’ont pas fait leurs preuves et grâce à un changement de réglementation encore incertain, peut mener à une impasse.

Plus largement, aucune de ces pistes ne répond à un problème de taille : les Français importent les deux tiers des poissons qu’ils mangent et consomment du colin d’Alaska ou bien des crevettes du Groëland et non du poisson pêché localement.


Illustrations par Damien Roudeau

Notre média est garanti sans IA

L'IA générative ne produit pas d'enquête. Nos articles, vidéos et podcasts sont réalisés par des journalistes en chair et en os. Consultez notre charte.

Des informations à nous communiquer ?

Écrivez-nous à contact [@] splann.org et nous vous expliquerons comment nous joindre des documents de façon sécurisée.

Contactez-nous →