Affaire Imerys Glomel : ce que révèle notre enquête, avec Celia Izoard sur la radio SUN
C’est une vidéo choc tournée dans un lieu gardé à l’abri des regards. On y voit différents liquides s’écouler à même le sol dans un hangar sombre où serpentent de gros tuyaux. Les substances blanches et jaunâtres poursuivent leur course à l’extérieur, dans une sorte d’égout à ciel ouvert.
Tournées en 2021, ces images ont été transmises par un ancien ouvrier de la mine Imerys de Glomel, dans les Côtes-d’Armor. Un travailleur devenu lanceur d’alerte, qui ne supportait plus d’entendre son ex-employeur déclarer qu’il se passait de « chimie » pour traiter son minerai.
Celia Izoard connaît mieux que quiconque les dessous de cette industrie. Autrice de « La ruée minière au XXIe siècle » (Seuil, 2024), elle est revenue en Bretagne pour enquêter sur cette nouvelle affaire.
Ce 31 mars 2026, c’est chez « Splann ! » que la journaliste et philosophe des sciences a publié ses révélations, sous le titre : « Mine bretonne d’Imerys : plus de 3 000 litres de produits chimiques déversés en amont d’une réserve naturelle ».
Il s’agit du sixième volet de notre dossier sur les conséquences environnementales, sanitaires et démocratiques de l’extractivisme dans notre région.
En 2024 déjà, nous avions fait analyser des échantillons de sédiments du Kergroaz, un ruisseau qui coule non loin de la mine de Glomel. Les résultats montraient une contamination aux métaux lourds soixante fois supérieure à la valeur guide pour un bon état écologique des eaux douces.
Quelques mois plus tard, le préfet des Côtes-d’Armor a autorisé la multinationale à creuser une quatrième fosse et donc à étendre son exploitation dans le temps et dans l’espace.
« Peut-être que cette fois, cette publication donnera lieu à une véritable enquête environnementale indépendante, se risque Celia Izoard au micro de Julia Vastel sur SUN. Car le problème, c’est que c’est l’entreprise qui commandite les rapports et qui les finance. […] L’auto-contrôle est une énorme vulnérabilité, si l’on veut préserver les milieux. »
Début février, Imerys a annoncé une prise de participation de l’État à hauteur de 50 millions d’euros dans son projet d’exploitation minière de lithium dans l’Allier.
« La société se retrouve dépositaire du renouveau minier en Europe. Or, à Échassières, elle a donné des garanties sur les prélèvements d’eau qui ont été en partie démenties par des enquêtes que j’ai publiées dans Mediapart », rappelle la journaliste.






