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Nouvelle enquête : les casseroles d’Iberdrola en Amérique latine

par | 07 04 2022

« Contribuez à protéger la planète », scandait Iberdrola dans une pub télé visant à démarcher des clients d’EDF en 2020. Sur son site français, l’énergéticien affirme que « l’engagement éthique et le respect de l’environnement sont les principes fondamentaux qui [l’]animent ». Le géant de l’énergie qui porte le parc éolien de la baie de Saint-Brieuc est pourtant mis en cause pour ses activités au Mexique et au Brésil. Une enquête internationale de Splann !.

Toutefois, développer les énergies renouvelables ne suffit pas pour devenir un champion de l’écologie. « On a souhaité voir ce qu’il y avait derrière ces éléments de communication, savoir quelle était cette entreprise qui débarque chez nous, pour que les Bretons et les Bretonnes sachent à qui on confie les rênes de ce genre de projets. », explique Gwenvaël Delanoë, cofondateur de Splann !, cité par RFI.

Iberdrola en cinq projets sud-américains

Les journalistes Itzel Marie Diaz et Lena Lopes ont étudié cinq infrastructures énergétiques impliquant Iberdrola en Amérique latine : deux parcs éoliens situés dans l’Etat d’Oaxaca au Mexique et trois barrages hydroélectriques brésiliens. Le groupe fait l’objet d’accusations en matière d’atteintes à l’environnement et de violations des droits humains.

Dans la région de l’isthme de Tehuantepec, où la présence du crime organisé est avérée, les paysans voient leurs droits reculer et les nuisances augmenter. L’Assemblée des peuples indigènes estime que la population a dû accepter des conditions de location des terres au rabais. Dans le Mato Grosso, la construction d’un barrage a nécessité la destruction d’une cascade sacrée pour trois peuples autochtones. A Belo Monte, en Amazonie, des rapports font le lien entre un chantier et la déforestation. Au sud du Brésil, des centaines de familles ont été expropriées dans des conditions vivement contestées…

9.900

C’est le nombre d’oiseaux et de chauves-souris qui seraient morts par collision avec les éoliennes de La Venta II, en un an, selon la Banque mondiale. Ce parc de 98 éoliennes est situé dans la région de l’Isthme de Tehuantepec (État de Oaxaca) au Mexique. Il a été construit par Iberdrola via sa filiale Iberinco. Le parc est bâti sur la route d’oiseaux migrateurs la plus fréquentée au monde (690.000 oiseaux en transit par jour dans l’isthme), selon l’étude préalable au projet.

Dans la région de l’isthme de Tehuantepec, où la présence du crime organisé est avérée, les paysans voient leurs droits reculer et les nuisances augmenter. L’Assemblée des peuples indigènes estime que la population a dû accepter des conditions de location des terres au rabais. Dans le Mato Grosso, la construction d’un barrage a nécessité la destruction d’une cascade sacrée pour trois peuples autochtones. A Belo Monte, en Amazonie, des rapports font le lien entre un chantier et la déforestation. Au sud du Brésil, des centaines de familles ont été expropriées dans des conditions vivement contestées…

« Enquêter sur les parcs éoliens dans la région de l’isthme de Tehuantepec est un exercice dangereux car il y a des groupes de pouvoir et, selon les autorités, la présence du crime organisé. »

Un journaliste d’investigation mexicain, qui souhaite garder l’anonymat

Lire notre enquête « Iberdrola. Quand l’énergie « propre » a les mains sales »

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