Iberdrola. Quand l’énergie « propre » a les mains sales

par | 29 03 2022

Soixante-deux éoliennes seront bientôt plantées dans les fonds marins de la baie de Saint-Brieuc, en Bretagne, couvrant 75 km². La société Iberdrola, via sa filiale bretonne Ailes Marines, est à la tête de ce chantier très controversé. Elle est aussi candidate à l’appel d’offres pour un deuxième parc, cette-fois en Bretagne sud. Objectif : « Construire un projet tant responsable que durable », affirme la filiale du géant espagnol, leader mondial de l’énergie éolienne, qui se dit « soucieuse de la préservation de l’environnement ».

Les Bretons ont pourtant suivi, durant l’année 2021, les péripéties de la multinationale : des fuites d’huile hydraulique causées par la dureté de la roche à l’enquête ouverte par le parquet national financier pour « recel de favoritisme ». Sans oublier l’alliance inédite entre les pêcheurs mécontents et l’ONG Sea Shepherd.

Que se cache donc derrière la communication de l’entreprise ? Des journalistes de Splann ! se sont penchées sur plusieurs projets emblématiques « d’énergie verte » que cette société mène sur d’autres continents, à travers une vaste enquête basées sur des sources ouvertes. Car plus de dix ans avant de planter ses mâts en Bretagne, le florissant opérateur ibérique a investi l’Amérique latine. Accusations de violations de droits humains, hécatombe d’oiseaux migrateurs, poissons morts et activistes craignant pour leur vie… Autour des projets d’Iberdrola, les cicatrices peinent à se refermer.

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Face aux catastrophes écologiques qui obscurcissent la perspective d’un avenir désirable, nous croyons à un journalisme d’intervention qui contribue à l’amélioration des pratiques. Aux citoyennes et citoyens de se saisir de ces informations d’intérêt public pour demander des comptes à leurs représentant·es élu·es.

Cette enquête a été réalisée par la journaliste franco-mexicaine Itzel Marie Diaz, basée à Paris, et par la journaliste Lena Lopes, depuis le Brésil. Elle a été accompagnée par le comité éditorial composé de Juliette Cabaço-Roger, Faustine Sternberg, Caroline Trouillet, Gwenvaël Delanoë, Sylvain Ernault et Pierre-Yves Bulteau, qui interviennent ici à titre bénévole. Tudual Karluer a traduit les textes en breton. Yann Lesacher (Yal) est l’auteur des aquarelles. Pierre Corbin est intervenu sur la cartographie. Les articles et documents sont mis à la disposition du public gratuitement grâce à nos partenaires France 3 Bretagne, Le Peuple Breton et le réseau Radio Breizh.

Ce travail a été financé à 100 % par des particuliers, par chèque ou via la plateforme HelloAsso. Seuls vos dons nous permettront de financer de nouveaux dossiers. Ils ouvrent droit à une défiscalisation.

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