Alors qu’une pétition demandant à classer toute la Bretagne en zone tendue a recueilli près de 9 000 voix, la crise du logement s’est invitée le 15 février aux débats du conseil régional. Les groupes autonomistes et écologistes ont particulièrement irrité le président de région en demandant d’aborder les problématiques du logement et du tourisme de front. Ils ont tancé la Région, qui projette d’investir 9 millions d’euros dans le tourisme durant les trois prochaines années et n’a pas évoqué la crise du logement.
Une revendication qui ne saurait choquer la maire de Douarnenez. Jocelyne Poitevin (DVD) a annoncé le 2 février une surtaxe des propriétaires des résidences secondaires. La question de l’accès au logement passe au premier plan des préoccupations sociales et politiques depuis qu’elle s’impose comme un paramètre indirect contribuant au développement des entreprises.
Dans les secteurs économiques connaissant des pénuries de main-d’œuvre et dont le spectre s’élargit mois après mois, les employeurs bretons l’ont désormais bien compris : la réussite de leur recrutement est corrélée aux possibilités de logement des salariés dans un rayon géographique acceptable.
Interpellés dans un contexte de quasi-urgence décrétée par les acteurs économiques, les élus locaux (re)découvrent les grandes difficultés des salariés à simplement accéder à un logement en proximité. Et constatent, dans une région touristique (dont ils ont parfois eux-mêmes privilégié l’axe de développement), tout le poids des résidences secondaires sur un marché du logement très en tension. Selon Le Peuple Breton, en 2020, la Région Bretagne enregistrait près de 7,5 millions de nuitées (sur les plateformes de location en ligne Airbnb et Homeaway) soit davantage que l’Île-de-France.
13 %
C’est le pourcentage de résidences secondaires à l’échelle de la région, selon les chiffres de l’Insee en 2019. Auxquels il faut ajouter 7,5 % de logements vacants (136 834 possibilités d’habitations) !
« Réduire de 50 % le rythme d’artificialisation et de la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers d’ici à 2030 par rapport à la consommation mesurée entre 2011 et 2020. »
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