Implants contraceptifs Essure : un long silence empoisonné

Depuis des années, des milliers des femmes alertent sur le calvaire qu’elles vivent et qu’elles attribuent à la pose des implants Essure, deux petits implants de contraception définitive. Mais, à ce jour, le fabricant conteste tout problème de sécurité du produit. Un document interne commandé en 2017 par les autorités sanitaires, jamais rendu public, pointe un risque de défectuosité lié à la composition des implants. Splann ! se l’est procuré.

Présentés comme l’avenir de la contraception définitive, les implants Essure ont été posés à près de 200 000 femmes en France entre 2002 et 2017. La société américaine Conceptus les a d’abord commercialisés. Elle a ensuite été rachetée en 2013 par le géant allemand Bayer.

Pas d’anesthésie générale ni d’hospitalisation, cette technique de stérilisation est la plus utilisée en France dès 2009, selon les chiffres de la Direction générale de la santé (DGS). Rien que pour l’année 2013, les gynécologues posent 28 000 implants ! En tout, Bayer annonce un million d’implants vendus dans le monde, dont 240 000 en France, ce qui place le pays en tête des ventes européennes, et même mondiales en proportion du nombre d’habitants.

Mais très vite, des voix de femmes s’élèvent pour dénoncer des effets secondaires. De la fatigue jusqu’à la perte de mobilité en passant par des maux de tête, douleurs, saignements, troubles neurologiques… La liste est longue et le lien avec les implants Essure difficile à établir. À ce jour, environ 30 000 femmes en France ont subi une ablation des trompes ou de l’utérus, seul moyen de retirer l’implant. Soit 15 % des Françaises qui ont choisi ce moyen de contraception définitive. Une chirurgie traumatique qui, pour la plupart, a entraîné une amélioration presque immédiate de leur état de santé.

Bayer décide de retirer l’implant du marché français en 2017, puis finalement des États-Unis en 2018. La multinationale avance des « raisons commerciales » et nie toute défectuosité de son produit. Pourtant, des documents en possession du fabricant et des autorités sanitaires, et que Splann ! a pu se procurer, mettent en cause la sécurité de l’implant

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Boîte noire

Au cours de notre enquête, nous nous sommes plongés dans une centaine de documents et avons contacté des dizaines d’interlocuteurs et interlocutrices. Une part infime d’entre eux sont mentionnés dans les différents volets de l’enquête. 
Nous avons contacté notamment l’ANSM, interlocuteur central du dossier. Nous avons également contacté le ministère de la Santé, la multinationale allemande Bayer, les organismes de certification NSAI et Tüv Sud. Vous pouvez dans cette boîte noire trouver leurs réponses de façon extensive.

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Face aux catastrophes écologiques qui obscurcissent la perspective d’un avenir désirable, nous croyons à un journalisme d’intervention qui contribue à l’amélioration des pratiques. Aux citoyennes et citoyens de se saisir de ces informations d’intérêt public pour demander des comptes à leurs représentant·es élu·es.

Cette enquête au long cours débutée en octobre 2021 a été réalisée par les journalistes Juliette Cabaço Roger, Faustine Sternberg, Rozenn Le Carboulec et Guy Pichard. Elle a été coordonnée par les membres du comité éditorial de Splann !. Celui-ci comprend Sylvain Ernault, Gwenvaël Delanoë, Juliette Cabaço Roger, Caroline Trouillet, Faustine Sternberg, Anne Kiesel et Raphaël Baldos. Riwanon Kallag a traduit les textes vers le breton.

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