Depuis 2024, la Compagnie des pêches de Saint-Malo exploite le navire de pêche le plus décrié au monde : l'Annelies Ilena. L'investissement de l'entreprise malouine…
En Bretagne, l’enseignement agricole est une affaire privée : 80 % des 15 000 élèves sont scolarisés dans des lycées catholiques ou des maisons familiales…
« Splann ! » dresse un état des lieux de l’hôpital public en Bretagne : des cartographies exclusives et un long travail d’enquête permettent d’évaluer l’étendue des…
« Splann ! » dresse un bilan inédit et détaillé de l’artificialisation des sols sur les côtes bretonnes. Notre enquête révèle comment les bétonneuses passent parfois…
Le journalisme n’est pas un crime, « Splann ! » réclame la libération de Yanis Mhamdi, détenu arbitrairement en Israël
La Rédaction - 13 juin 2025
La rédaction de Splann ! joint sa voix à de nombreux journalistes et organisations de la profession pour exprimer son inquiétude et son entière solidarité envers Yanis Mhamdi, journaliste pour le média Blast, actuellement détenu de manière arbitraire par les autorités israéliennes.
La semaine dernière, Yanis Mhamdi a embarqué à bord du navire humanitaire Madleen, dans le cadre de la mission civile Freedom Flotilla, afin de documenter l’acheminement d’aide humanitaire à destination des civils gazaouis. Avec son confrère Omar Faiad, journaliste pour le média Al Jazeera, il accompagnait de nombreuses personnalités, parmi lesquelles l’activiste Greta Thunberg et l’eurodéputée française Rima Hassan. Il s’y trouvait en qualité de journaliste, dans l’exercice strict de ses fonctions, missionné par son média.
Dans la nuit du 8 au 9 juin 2025, le navire Madleen a été intercepté illégalement dans les eaux internationales par l’armée israélienne, en violation manifeste du droit international. L’ensemble des passagers a été placé en détention. Tandis que certains ont pu regagner leur pays d’origine, Yanis Mhamdi demeure détenu, pour avoir refusé de signer un document aux conditions mensongères. La signature du document sous-entendait notamment de reconnaître que le bâteau avait pénétré les eaux israéliennes, ce qui est erroné.
Depuis cette arrestation, ses proches et ses conseils n’ont pu obtenir que des informations fragmentaires sur son état et ses conditions de détention. Il a été privé de nourriture durant plusieurs heures, menacé par des armes, et retenu d’abord sur le bâteau, puis dans les services d’immigration et actuellement dans la prison de Givon,dans des conditions que rien ne justifie.
Cette situation soulève des questions graves : il est aujourd’hui impensable qu’un journaliste français, mandaté par son média, soit privé de liberté pour avoir simplement exercé son métier. En assimilant un journaliste à un militant, en entravant délibérément le travail d’un professionnel de l’information, c’est l’ensemble de notre profession qui se trouve menacée.
Près de 200 journalistes tués par les forces israéliennes
Cette détention arbitraire s’inscrit dans la continuité du traitement des journalistes à Gaza, systématiquement empêchés de faire leur travail, voire pris pour cibles, puisque selon la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et Reporters Sans Frontières, près de 200 d’entre eux ont été tués par les forces israéliennes.
L’arrestation et la séquestration de notre confrère fait planer une menace directe et inquiétante sur la liberté d’informer, sur la capacité des journalistes à couvrir les conflits armés et les situations humanitaires à travers le monde.
En maintenant Yanis Mhamdi en détention, c’est le droit de chacun à être informé qui vacille à nouveau. Or, préserver la liberté d’expression, la liberté de la presse et le droit à l’information ne saurait être une option : c’est une obligation démocratique.
Nous demandons à l’État français de prendre ses responsabilités et d’exiger publiquement la libération immédiate de notre confrère. Le silence, l’ambiguïté ou la passivité ne sont plus acceptables.
La liberté de la presse n’est pas négociable. Elle est le garant du débat public, et par là même, le socle de toute démocratie.
Organisations signataires
Reporters sans frontières (RSF)
La Société des journalistes de Blast
La Société des journalistes de France 24
La Société des journalistes et du personnel de Libération (SJPL)
La Société des journalistes de Radio France Internationale (RFI)
La Société des journalistes de Mediapart
Syndicat National des Journalistes (SNJ)
La Société de Journalistes de Télérama
La Société des personnels de L’Humanité
L’Association des Journalistes Antiracistes et Racisé·e·s (AJAR)
Le Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT)
SDJ Konbini
La SDJ d’Arrêt sur images
La Société des journalistes de Courrier international
Le collectif Enketo
Vert, le média
Booska-P
Splann !
Signataires individuels
Agnès Briançon-Marjollet, journaliste, co-1ère secrétaire générale du SNJ
Aïda Amara, journaliste indépendante
Aïda Delpuech, journaliste indépendante
Aissata Soumare, journaliste indépendante
Alex Talandier, journaliste indépendant
Alexandra Henry, journaliste indépendante
Alexandre-Reza Kokabi, journaliste à Reporterre
Ambrine Ziani, journaliste
Amel Zaki, Libération
Amina Kalache, journaliste indépendante
Amine Abdelli, journaliste pigiste
Amira Souilem, reporter, RFI.
Anaïs Delmas, journaliste indépendante
Anissa Rami, journaliste indépendante
Anna Margueritat, rédactrice indépendante
Anne Bocandé, directrice éditoriale, Reporters sans frontières
Anne Paq, photographe indépendante
Annie Fiore, journaliste indépendante
Antoine Cariou, journaliste
Antoine Chuzeville, journaliste, co-1er secrétaire général du SNJ
Antoine Comte, journaliste France 3
Antoine Portoles, journaliste l’Humanité
Antton Rouget, journaliste à Mediapart
Aouregan Texier, journaliste La Dépêche
Ariane Lavrilleux, Disclose
Arnaud Froger, journaliste, Reporters sans frontières (RSF)
Aurélien Devernoix, journaliste à RFI, délégué syndical SNJ
Aziz Oguz, journaliste pigiste
Baptiste Mas, reporter indépendant
Barbara Gouy, journaliste indépendante
Benjamin Barthe, Le Monde
Benjamin Beraud, journaliste indépendant
Camelia Kheiredine, ARTE
Camille Miloua Giraudea, Courrier International
Camille Regache, journaliste indépendante, membre de l’AJL
Camille Scali, journaliste et artiste-auteur
Caroline Constant, journaliste à l’Humanité
Catherine Maubert, BFMTV
Célia Gueuti, journaliste indépendante, Association des journalistes antiracistes et racisé.e.s
Céline Beaury, journaliste indépendante, (Collectif La Friche)
Cemil SANLI, journaliste indépendant
Charlotte Vautier, journaliste Ok Charlotte
Chloé Dubois, journaliste indépendante
Christelle Murhula, journaliste indépendante, membre de l’AJAR
Claire billet, journaliste réalisatrice.
Clara Monnoyeur, journaliste, StreetPress
Clarisse Feletin, journaliste pour Off Investigation
L'IA générative ne produit pas d'enquête. Nos articles, vidéos et podcasts sont réalisés par des journalistes en chair et en os.
Consultez notre charte.