Stades bretons : le péril hooligan

Maël Soto, Erwan Morel, Julien Meffre - 21 août 2026

260608 Splann ! Enquête Ultra Volet 1 Hooliganisme Extrême Droite Tribunes Stades Bretons Crédit Ilex

Introduction

Longtemps épargnés par le phénomène « hooligan » et réputés pour un certain fair-play, les kops du Stade Rennais et de l’En Avant Guingamp sont devenus, au fil des années, des lieux de rencontre entre militants, adeptes de la violence et supporters de plus en plus imprégnés des idées de l’extrême droite radicale.

Le virage, au sens propre comme au figuré. Celui qu’ont pris certaines tribunes des stades bretons. Remisant, à l’orée des années 2010, les banderoles « Celtic People Against Racism », au profit de chants violents et de saluts de Kühnen, ces trois doigts levés contournant l’interdiction d’effectuer des saluts nazis en public.

Des tribunes populaires, originellement d’obédience antifasciste à Rennes, familiale à Guingamp. L’exemple des kops – la tribune des supporters les plus fervents, les ultras – de ces deux clubs est, en cela, éloquent.

Élu à cinq reprises « meilleur public de France » par la Ligue de football professionnel, le public du Roudourou est, par exemple, devenu le théâtre d’affrontements entre « hooligans » cagoulés et « ultras » affichant leur sympathie antiraciste. Et, à ce jeu parfois violent des provocations, ce sont les « hooligans » qui prennent le dessus.

Cette bascule ne vient pas de nulle part. Elle prend aussi bien ses racines à l’intérieur qu’à l’extérieur des tribunes bretonnes. Un pied dans les stades. L’autre dans des mobilisations identitaires, à l’image de l’attaque du festival Bretagne ouverte et solidaire, en juillet 2023.

Mâtinées d’idéologie et de racisme, ces incursions ont pour ciment la violence physique. Elles sont les héritières directes de ces « fights » dans les bois, phénomène inquiétant dépeint dans le troisième volet de notre enquête.

Face à cette présence de l’extrême droite dans les stades bretons, les réponses des clubs de Rennes et de Guingamp se font attendre. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont timides. Depuis la première parution de notre enquête, en septembre 2025, le phénomène s’étend à Brest, où les tentatives d’entrisme des hooligans d’extrême droite dans la tribune populaire sont avérées, avant de se traduire dans la rue par un événement d’une rare violence.


Boîte noire

Co-réalisée avec Basta! et accompagnée par le Fonds pour une presse libre, cette enquête sur le hooliganisme breton et les réseaux d’extrême droite a mobilisé, durant le printemps 2025, une partie des journalistes de Splann !.

C’était la première fois que notre média s’intéressait aussi finement à des questions directement liées aux mouvances radicales, en Bretagne. Depuis, Splann ! intègre pleinement l’extrême droite et ses problématiques à sa couverture éditoriale. Notamment en s’associant à StreetPress, à l’occasion de la couverture des élections municipales de mars 2026.

Les journalistes ayant réalisé cette enquête ont choisi de la signer sous pseudonyme pour des raisons de sécurité et afin de prévenir toute forme de harcèlement sur les réseaux sociaux, pratique dont sont particulièrement coutumiers les militants et comptes d’extrême droite.

Les journalistes de cette enquête ont mené des entretiens auprès d’une dizaine de témoins directs, ils se sont plongés et ont fouillé les comptes, forums et réseaux sociaux d’organisations et de membres du hooliganisme breton. Pour des raisons de sécurité, nous ne pouvons pas publier l’intégralité des contenus de ces publications numériques.

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Enquête réalisée par :
Julien Meffre
Erwan Morel
Maël Soto
Accompagnement :
La rédaction
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