220606 - Rassemblement Bridor Liffré conférence Morgan Large et Inès Léraud Crédits Philippe Rocher 05
Des croissants contre des terres agricoles

par | 03 07 2022

Une usine de viennoiseries devrait voir le jour à Liffré au nord-est de Rennes sur des terres agricoles. Une opposition citoyenne s’est levée contre un nouveau projet jugé climaticide.

À Liffré, au nord-est de Rennes, 21 hectares de terres agricoles sont menacés par un projet agroalimentaire. Bridor, appartenant au groupe Le Duff (Brioche Dorée, Del Arte…), projette d’y construire une usine d’où sortirons 650 tonnes de pains et viennoiseries par jour destinées à l’exportation.

Alors que l’argument de l’emploi et du développement économique (500 emplois promis) sont mis en avant par la municipalité, un groupe d’habitants s’est vite mobilisé afin de faire entendre son opposition au projet. Ce collectif, baptisé Colère, compte bien préserver le bocage de ces terrains dans un territoire qui connaît déjà une forte artificialisation des sols.

Le trafic engendré par l’activité de l’usine ainsi que la forte consommation en eau et l’utilisation de matières premières non locales font de ce projet un vrai non-sens climatique aux yeux des riverains.

Le 25 mai, le commissaire enquêteur a émis un avis favorable au projet malgré     « de nombreuses réserves » et 200 avis contre sur 269 déposés lors de l’enquête publique. 

187.000 m³

C’est la consommation d’eau annuelle estimée de l’usine, soit la moitié de la consommation annuelle de la ville de Liffré.

« L’urbanisation future de Sévailles 2 va inévitablement s’accompagner d’une imperméabilisation d’une partie de la zone (bâti, stationnement et trame viaire) qui aura pour conséquence une modification de l’écoulement des eaux pluviales et des débits. »

Le commissaire enquêteur, qui souligne qu’il s’agit d’un site « sensible » en raison des multiples zones humides présentes aux alentours. Les compensations prévues par Bridor – un plan de 192.000 euros pour recréer plus de 9.000 m² de zones humides sur des terrains publics proches -, sont également pointées du doigt, à cause de leur effectivité non établie.

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