Le 6 juin, nous révélions l’alerte donnée par l’Établissement public chargé de l’aménagement et de la gestion du bassin versant de l’Aulne et de l’Hyères (Epaga). Dans un document de huit pages adressé aux élus, le syndicat mixte s’alarmait d’une « mise en danger de la ressource au sein du château d’eau du Finistère ».
En cause, un projet d’assouplissement des règles d’épandage pour les communes de Berrien, Botmeur, Brasparts, Brennilis, La Feuillée, Huelgoat, Lopérec, Plouyé et Saint-Rivoal.
Ce projet est devenu réalité, en plein cœur de l’été, après la signature d’un arrêté par le préfet coordinateur du bassin Loire-Bretagne, basé à Orléans. Une décision prise au terme d’une consultation publique lors de laquelle 90 % des près de 300 contributeurs avaient exprimé un avis défavorable, dont l’Epaga ou le Parc naturel marin d’Iroise.
De quoi susciter une vague d’indignation contre ce recul en matière de protection de l’environnement, vécu à la fois comme une forme de mépris de la part du pouvoir central et comme une préférence donnée aux pratiques agricoles les plus polluantes.
À la tête du conseil municipal de Berrien depuis le printemps, Sylvie Manzoni dit à Splann ! redouter un effet d’appel d’air. Des éleveurs soumis à des règles plus strictes chez eux pourraient venir déverser du lisier dans les monts d’Arrée, annihilant les efforts menés localement pour faire baisser la pression azotée.
Si la polémique alimente les discussions depuis trois bons mois au pied des sommets chauves du massif armoricain, elle était restée contenue aux marchés, cafés et réseaux sociaux.
En se réunissant ceints de leur écharpe tricolore près de l’antenne du Roc’h Trédudon, lieu chargé politiquement s’il en est, ces maires espèrent rehausser le rapport de force avec l’Etat. Avant d’engager peut-etre des recours auprès de la juridiction administrative.
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