Marcher sur un centimètre d’une poudre qui ressemble à s’y méprendre à de la farine. Manger littéralement de cette poussière. Ce tableau brumeux fut celui des conditions de travail de Michel, Cédric, Nicolas ou Renaud. Des hommes qui, toute leur carrière ou le temps d’une mission d’intérim, ont travaillé dans les ateliers de la mine de Glomel, en Centre-Bretagne.
Sauf que de farine, ils ont inhalé, des années durant, de la poussière à haute teneur en silice cristalline alvéolaire. Une substance classée « agent chimique dangereux » par le Code du travail. Cancérogène. Pouvant provoquer des lésions irréversibles aux poumons.
L'affaire portée devant la justice
Cinq ans après ses missions au sein de cette mine à ciel ouvert, Cédric Gouagout passe ses journées chez lui, jamais très loin de la commode en plastique contenant ses médicaments.
Reconnu travailleur handicapé, l’ancien ouvrier a décidé de porter l’affaire devant la justice. Pour cela, il pourra notamment s’appuyer sur ces deux contrôles, réalisés entre 2021 et 2023 par l’Apave, un organisme payé par Imerys. Des notes internes de l’entreprise, dont Splann ! a obtenu copie, montrent que les valeurs limites d’exposition des travailleurs étaient dépassées dans nombre des postes.
Ces entorses aux conséquences sanitaires délétères ont également été constatées par des contrôleurs de la direction régionale de l’environnement (Dreal), fin janvier 2026.
Soutenu par l’association d’aide aux lanceurs d’alerte Climate Whistleblowers et par des riverains de la mine, Cédric Gouagout a décidé d’entamer une procédure contre Imerys pour « faute inexcusable de l’employeur ». Une audience est programmée le 8 octobre au pôle social du tribunal judiciaire de Saint-Brieuc. Une première pour des employés de la multinationale de Glomel.
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