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« Dans la mine du XXe siècle, il y a toujours des silicoses mais on n’en parle pas », Celia Izoard

Notre journaliste Celia Izoard était l’invitée de TVR, la chaîne rennaise, jeudi 10 septembre 2026. Elle y a présenté son enquête sur les poussières toxiques respirées par des ouvriers de la mine Imerys de Glomel, en Centre Bretagne

Egalement connue sous le nom de carrière de Guerphalès, ce site industrie produit un quart du marché mondial de l’andalousite, un minéral qui sert à produire des fibres résistant aux hautes températures dont les propriétés sont proches de celles de l’amiante.

L’andalousite est un minéral à haute teneur en silice cristalline alvéolaire, une substance cancérogène classée « agent chimique dangereux » par le Code du travail.

Le personnel ne devrait pas y être exposé pour limiter le risque de maladies des poumons comme le cancer ou la silicose. L’employeur doit éviter la propagation et la dispersion de ces poussières dans l’atmosphère.

Pourtant, dans l’atelier d’affinage, où l’andalousite est broyée à 55 microns, les anciens ouvriers qui ont accepté de briser le silence disent travailler dans un nuage de fumée en continu.

Pendant la mise en sacs, « la poussière sort partout », elle s’immisce « dans tous les pores de la peau ».

Les masques FFP3 ne suffisent pas à s’en protéger et ne peuvent pas être portés longtemps. Le nettoyage des poussières dans les différentes usines du site Imerys est souvent réalisé par des intérimaires.

L’un d’eux, Cédric Gouagout, a été reconnu handicapé à 44 ans après avoir respiré ces poussières pendant quelques mois. Il a porté plainte contre l’agence Manpower et Imerys. Une première audience pour « faute inexcusable de l’employeur » se tiendra le 8 octobre 2026 au pôle social du tribunal judiciaire de Saint-Brieuc.

Dans l’usine de flottation (concentration du minerai), un calcinateur rejette une fumée à haute température « qui arrache les poumons » et « donne l’impression d’étouffer ». D’après les lanceurs d’alerte, les systèmes d’aspiration des poussières sont peu entretenus et fonctionnent mal.

Selon leur témoignage, les salariés doivent « débourrer » manuellement des appareils engorgés par les poussières, ils en sortent « couverts de particules fines » et « asphyxiés ».

Dans le dossier d’enquête publique de plusieurs milliers de pages portant sur l’agrandissement de la mine, en 2023, Imerys n’a donné aucun élément sur le caractère cancérogène des poussières de silice cristalline émises sur le site.

L’entreprise assure que « la santé et la sécurité de nos collaborateurs et travailleurs temporaires, ainsi que la protection de l’environnement, sont des priorités pour Imerys. »