Hôpital public : destruction programmée, un marché pour le privé, l’enquête en bref
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Nos hôpitaux craquent et les pouvoirs publics regardent ailleurs. Cet été, jusqu’à 21 services d’urgence ont été régulés, la nuit, en Bretagne. Toute admission devait être approuvée par le Samu. Une rupture avec le libre accès pratiqué en France, qui a été instaurée pour limiter l’engorgement.
Si le temps d’attente moyen des patients n’a fait qu’augmenter, c’est faute de personnels. Lannion compte neuf médecins urgentistes alors qu’il en faudrait seize, Pontivy n’en a que six contre douze espérés.
C’est aussi la conséquence d’une médecine de ville au maillage de plus en plus lâche. La densité de médecins généraliste diminue, le nombre de Français sans médecin traitant augmente et l’accès aux spécialistes se complique, en particulier dans les territoires éloignés des grands centres urbains.
Tardive, la suppression du numerus clausus mettra encore au moins une décennie à produire ses effets.
L’instauration de la tarification à l’activité (T2A) sous le deuxième quinquennat Chirac, puis sa généralisation sous la présidence Sarkozy, a déstabilisé le financement des hôpitaux.
Leur inscription dans une logique de performance a introduit des mécanismes proches du marché… Mais tenus par une obligation de soin que n’ont pas les cliniques, ils ont été pris dans un cercle vicieux qui se paie en pertes de chances pour les malades.
Bâtiments vétustes, soignants épuisés, fuites vers le privé… Le constat est alarmant. Pourtant, le budget préparé par François Bayrou avant d’être renversé prévoyait de faire 5,5 milliards d’économie sur la santé 2026. Son successeur, Sébastien Lecornu, n’a pas encore rendu ses arbitrages. Il est attendu au tournant.
Deux jours après la grève du 2 octobre, une trentaine de syndicats et d’associations de soignants et de patients marcheront à Paris pour « sanctuariser le budget de la santé ». Car celle-ci n’est « pas une variable d’ajustement ».
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